Les 7 commandements

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Dossier spécial: les 7 commandements (introduction)

 

Rédigé par M-16

DOSSIER SPÉCIAL & ANALYSE (1/9) │ Mai 2001. Après 3 victoires consécutives pour terminer le championnat, dont 2 « cartons » face à Nice (5-1) et Nîmes (4-1) devant un stade Bonal plein comme un œuf, le FC Sochaux-Montbéliard gagne son ticket pour la « Division 1 » - comme elle est appelée à l'époque – et du même coup, remporte le championnat de « Division 2 ». Mettant fin à 2 saisons à l'étage inférieur mais surtout, à une décennie des années 90 qui aura été marquée par des résultats décevants du club, frisant la D2 à chaque fois, ou y tombant, comme en 95 et 99.

Cette fois-ci, le club a plutôt préparé l'avenir et a cherché à se structurer, contrairement aux 10 années précédentes. L'arrivée de l'ambitieux Jean-Claude Plessis en 1999 coïncide avec différents projets, comme la réfection du Stade Auguste Bonal, porté à 20 000 places, l'envie de relancer le club vers la D1 avec cette nouvelle approche et l'y pérenniser...

De plus, une jeune génération de joueurs formée au FCSM semble pouvoir porter les espoirs et la philosophie du FCSM, entourée de cadres qui ajoutent de la maturité au groupe... Les Pierre-Alain Frau, Benoît Pedretti, Vincent Fernandez ou encore Camel Mériem et Omar Daf se révèlent en D2. D'autres viendront plus tard perpétuer cette philosophie de formation lancée par le club depuis la fin des années 70. A leurs côtés, des Maxence Flachez, Erwan Manac'h ou encore Philippe Raschke apportent l'expérience et la sagesse à un groupe tout de même assez jeune si l'on retire ces derniers.

Ajoutez à cela, un recrutement malin et particulièrement réussi, Jean Fernandez pour mener les troupes et des joueurs comme Micka' Pagis, Santos ou encore Stéphane Crucet, qui participent eux aussi activement à la remontée.

En bref, le FC Sochaux se donne les moyens de réussir, en gardant son identité. Et le pari est réussi. Par la suite, le club se maintiendra brillamment en D1 (8e position, saison 2001-2002), pour la dernière année du « Championnat de France de Division 1 », qui deviendra « Championnat de France de Ligue 1 » à partir de l'été 2002. Le club se qualifiant même pour la Coupe d'Europe, la Coupe Intertoto dont on se rappelle tous en raison de son nom ridicule. Pour la petite histoire, le FC Sochaux se fera éliminer en demi-finale par Fulham, malgré une bonne opposition sochalienne.

Sochaux conserve les mêmes ingrédients : après tout c'est logique, pourquoi tout chambouler ? Le FCSM garde ses jeunes talents, ses joueurs-cadres, et recrute quelques individualités apportant une plus-value — pour aussi étoffer le groupe. Un certain Teddy Richert dans les buts, Saveljic derrière, Boudarène au milieu. Seule l'attaque ne change pas.

Petit à petit, et à force de conserver les joueurs passés à Seloncourt, à en former d'autres (Monsoreau, Mathieu...) et à recruter des joueurs au potentiel toujours plus intéressant (Lonfat, Oruma, Zaïri, Diawara...), le FC Sochaux montre qu'il est bien installé en L1 à l'issue d'une saison 2002-2003 excellente. Les Doubistes terminent à la 5e position et vont en finale de la Coupe de la Ligue. Le recrutement de l'exigeant Guy Lacombe (été 2002), qui vient avec l'envie de développer toujours plus de jeu, n'est pas non plus étranger à ce renouveau.

Le FC Sochaux enchaîne les bons résultats, tout en gardant sa relative discrétion, souvent mise à mal par le président Plessis qui tranche avec les préjugés que l'on a sur le FCSM : sa grande gueule aidant bien des fois à promouvoir et à défendre le club. Ainsi, entre 2002 et 2004, le FC Sochaux sera considéré par la presse spécialisée comme le club, ayant le plus beau jeu de Ligue 1, et « JCP » n'hésite pas à le faire rappeler ! Parfois, l'honneur est partagé avec Lyon, qui commence sa domination sur le foot français, ou encore avec Monaco (qui ira en finale Ligue des Champions en 2004), et, plus rarement, car bien plus inconstant, le FC Nantes qui rejoint pourtant davantage la philosophie de jeu sochalienne.

En outre, le Stade Bonal devient un bastion où il est très difficile de s'imposer, Dans la presse, notre club semble craint par tous les clubs, et venir s'y imposer revêt du miracle. Peu viendront chercher les trois points dans le Doubs durant cette période : seuls Lyon et le PSG, Lens (2004) et ... Fulham en 2002 en Coupe Intertoto viendront y faire leur loi. Les autres, s'ils n'ont pas perdu, se félicitent déjà de prendre 1 point.

En 2003 et 2004 donc, grâce à cette bonne dynamique, Sochaux termine 5e de L1 et dispute deux finales de Coupe de la Ligue en deux ans. Et surtout, les Lionceaux participent à la Coupe d'Europe, la coupe de l'UEFA. La « CDL » est remportée au bout de la 2e tentative face au cousin le FC Nantes, après s'être fait ridiculiser face à Monaco (4-1) un an plus tôt : ce sacre est le témoin de l'accomplissement du club depuis quelques années. La preuve d'une réussite, mais qui n'était pas anodine, loin de là. De plus, en Coupe de l'UEFA, le FCSM réalise des performances de haute volée, notamment ces mythiques matchs face à Dortmund à Bonal (4-0) et en Allemagne (2-2), ainsi que cette double confrontation en 16e de finale face à l'Inter, un affrontement aller-retour finalement perdu (2-2 ; 0-0). Cela montre le niveau exceptionnel qu'a atteint le club, qui se fait du même coup une belle publicité sur la scène européenne.

Mais le succès attire les convoitises : certains joueurs sont visés désormais par d'autres clubs, de par la médiatisation. Fin 2004, une première ère se termine avec le départ de deux symboles, deux joueurs régulièrement mis en avant pendant cette belle période sochalienne. Frau s'envole vers Lyon, tandis que Pedretti (appelé en Équipe de France) s'en va à Marseille. Le club est obligé de remplacer ses deux stars hyper-performantes...

Dix ans plus tard, le FCSM est au bord du précipice, prêt à tomber en L2 après avoir renié à peu près tout ce qui faisait de lui un club respecté au milieu des années 2000. Le Stade Bonal est vide et le club a connu plusieurs années de suite des résultats calamiteux, souvent sauvé d'un rien de la L2.

Comment le club a-t-il pu en arriver là ? Quelles en sont les raisons ? Quelles erreurs ont été commises ? Qui est à blâmer ? Les interrogations sont multiples chez les supporteurs. Pour le savoir, à partir d'aujourd'hui, et de façon hebdomadaire, nous nous pencherons sur le chemin du FCSM depuis 2004. À travers les 7 commandements de la déchéance sochalienne et 8 épisodes, vous comprendrez comment le club s'est fourvoyé tout seul ! Il semblerait que 2004 fut le point de départ de tous les soucis au FCSM.